DES ÉLUS COURAGEUX

(rédaction : Didier Tescher)

Ce samedi 24 octobre, 260 maires de la Creuse ont adopté une motion refusant le projet de barreau Limoges-Poitiers et soutenant au contraire une modernisation de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse. À quand une telle lucidité chez nos élus Haut-Viennois ?

 



2 commentaires

  1. Isa 25 octobre

    Il y en a trop peu… Après Bellac, il y a Peyrilhac qui se rebelle. Même avec l’aide de la rime, il y a peu de chance pour que ça arrive jusqu’à Rilhac.

    Lettre ouverte du maire de Peyrilhac à RFF

    Monsieur,

    C’est en tant que maire de Peyrilhac, commune de 1157 habitants membre de la Communauté d’Agglomération de Limoges Métropole, que je m’adresse à vous aujourd’hui sous la forme d’une lettre ouverte. Comme la majorité de mes administrés, je suis évidemment pour la modernisation de notre région qui passe, notamment, par sa connexion au réseau de la grande vitesse. Maintenir un réseau ferré performant est une nécessité pour assurer un maillage du territoire interrégional, national et européen. Mais les projets de grande envergure, comme la construction d’une Ligne à Grande Vitesse (LGV), doivent être menés en accord avec les populations concernées, dans le respect de la démocratie et avec le souci permanent de l’intérêt collectif. 
    J’ai assisté, depuis le mois de février, à différentes réunions de travail entre élus et Réseau Ferré de France (RFF). Je constate que RFF a prétendu jusqu’au 7 octobre – y compris ce jour-là dans une réunion à la Préfecture, qu’un affinement progressif du tracé LGV Limoges-Poitiers était en cours. En réalité, la proposition définitive était déjà arrêtée, puisque dès le lendemain, RFF annonçait que seul le tracé Sud, par Peyrilhac, était proposé. Je suis choqué par la procédure, qui n’a fait qu’instrumentaliser la concertation au profit d’une décision prise a priori. La carte de synthèse produite par Réseau Ferré de France le 7 octobre symbolise cette tromperie, manipulant des données géographiques qui rendent illisible le tracé projeté, présentant notamment le passage à niveau qui est situé sur ma commune sur celle de Saint-Jouvent. Jamais je n’ai pu avoir accès aux résultats des études de terrain menées cet été.
    Cette absence de sincérité dans la communication, liée aux réponses évasives de RFF, justifie une nouvelle enquête sur la pertinence des coûts comparés du tracé Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) et du tracé Limoges-Poitiers. Soucieux des dépenses publiques, je mets en doute la pertinence des études de coûts présentées lors des réunions publiques par RFF : le projet inscrit dans l’article 11 de la loi dite Grenelle 1 pour une LGV Clermont-Paris via Orléans changerait radicalement le coût de la transformation de la ligne « historique » aujourd’hui empruntée par le train. En effet, elle pourrait irriguer les deux tracés et permettrait donc de mutualiser les dépenses de transformation de la ligne. La prise en compte conjointe de ces deux projets met à mal les arguments financiers évoqués par les détracteurs du tracé POLT, abandonné au profit du barreau Limoges-Poitiers. Egalement soucieux des conséquences sur les futurs voyageurs, je m’interroge : pourquoi RFF ne fournit-elle pas une étude de marché (combien de voyageurs escomptés par jour ?) débouchant sur un prévisionnel de l’augmentation des coûts des billets que proposera la SNCF (pourcentage d’augmentation sur chaque type de billet) ? 
    Je m’interroge également sur la compatibilité entre la LGV et le projet de route à deux fois deux voies Limoges-Poitiers. RFF a présenté en Préfecture le 7 octobre 2009 le tracé sud comme compatible avec l’autoroute à péage un temps évoqué : détenez-vous des informations sur ce projet de route – déclaré abandonné par la Préfecture sur Radio France Limoges au printemps 2009, que les collectivités locales n’auraient pas ? Si les deux projets se réalisent, l’ensemble des coûts sera majoré de manière sensible. L’étude présentée pour chiffrer financièrement le coût de la LGV sera totalement à revoir, puisque seraient à prévoir des ouvrages d’art pour des franchissement mutuels. Serait aussi à prévoir sur ma Commune les conséquences d’une stérilisation étendue des terres, liées à l’emprise au sol cumulée des deux projets, comprise entre 500 mètres et 1 km de large.
    Je m’élève, vous l’avez compris, contre l’incoordination dispendieuse de ces grands projets d’aménagement, pour laquelle ma Commune n’a jamais été consulté de manière satisfaisante. Je proposerai à mon Conseil Municipal une motion en ce sens lors de notre prochaine réunion. Constatant la multiplication des prises de positions publics d’élus locaux – présidente de la Région Poitou-Charentes le 20 octobre, maires de communes de l’Indre et de la Creuse oubliés par le tracé actuel, etc., à considérer comme autant de mises en doute de la viabilité du projet présenté tel quel, j’attends de votre part des réponses concrètes aux interrogations portées dans cette lettre.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.

    Didier RATEAU
    Maire de Peyrilhac

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  2. Isa 25 octobre

    Et voici un autre élu de Peyrilhac qui prend la plume, je ne résiste pas, les bonnes choses se partagent :

    « Alors que je suis très favorable aux transports ferroviaires, j’ai pris position contre le projet de création d’une ligne à grande vitesse entre Poitiers et Limoges pour les raisons suivantes :
    - il convient à mon avis de transformer la ligne actuelle Toulouse-Paris afin qu’elle devienne ligne à grande vitesse en réutilisant son emprise, quitte à devoir élargir cette emprise en certains points et quitte à créer de nouveaux ouvrages d’art sur cette ligne. Certains élus favorables au projet de LGV Limoges-Poitiers affirment qu’il est radicalement impossible de passer par Orléans : selon eux, il serait impossible de créer une LGV dans le département de l’Essonne, sur le trajet historique Orléans Paris. Pourtant, l’article 12 de la loi du 3 août 20091, précise qu’un programme supplémentaire2 de construction de LGV sera défini, « incluant la ligne Paris–Orléans–Clermont-Ferrand–Lyon, dont les études sont déjà engagées en vue d’un débat public ». C’est bien que la mise en LGV du tronçon Orléans-Paris est techniquement réalisable : s’il l’est pour aller de Clermont à Paris, pourquoi pas pour aller de Limoges à Paris ? Avant de décider de construire une LGV entre Limoges et Poitiers, ne vaut-il pas mieux attendre de savoir si la LGV existera d’Orléans à Paris ? Le coût d’aménagement de la ligne historique Limoges-Paris serait fort différent !
    - il manque une étude sérieuse de la rentabilité qu’aurait une LGV Limoges-Poitiers afin de vérifier qu’elle serait pérenne et non pas abandonnée peu après sa mise en service : où est l’étude de marché indispensable pour savoir quel volume de population prendrait ces TGV ? Où est l’étude du coût des billets Limoges- Paris (enjeu stratégique) par ce trajet plus long que le trajet historique ? On attend de la SNCF, en concertation avec RFF, qu’elle précise le pourcentage d’augmentation du prix des différents billets proposés, notamment sur ce trajet Limoges-Paris. Qu’est-ce qui permet à RFF d’affirmer qu’il y aurait douze trains par jour (A/R) sur le nouveau trajet ? Si ce nombre était réel, combien de trains de voyageurs circuleraient-ils encore depuis Limoges vers Argenton, Châteauroux, Orléans ?
    - Afin de démontrer que le projet coûterait moins cher que la rénovation du trajet historique, RFF annonce un milliard trois cents millions d’euros pour la création de cette nouvelle ligne à voie unique Limoges-Poitiers ; mais il ne semble pas que ce chiffrage ait inclus diverses dépenses :
    - Quel serait le coût des ouvrages de franchissement des diverses infrastructures de transports entre Limoges et Poitiers ? Comment s’entrecroiseraient cette LGV, l’actuelle ligne TER, la nationale 147 et la future 2×2 voies routières dont RFF dit qu’elle pourrait parfaitement être couplée à la LGV3 ?. Quel serait le nombre, le prix et les lieux d’implantation des ouvrages de franchissements mutuels ? J’ai demandé cette étude : elle ne semble pas disponible.
    - Quel serait le coût humain de cette saignée dans le paysage entre Limoges et Poitiers ? Ce coût humain mérite un chiffrage non seulement du montant financier des
    expropriations, mais aussi des pertes de jouissance des futurs riverains, de la dévalorisation de leurs maisons et terrains proches mais situés à plus de 25 mètres de l’emprise de l’ouvrage nouveau (à plus de 25 mètres du bas du talus et plus techniquement de la limite de l’emprise de la LGV, il n’y aurait pas expropriation : n’y aurait-il aucune indemnisation malgré la grande perturbation apportée au cadre de vie ? Quid du préjudice économique et quid du préjudice moral ?)
    - Quel serait le coût agricole ? Comment seraient indemnisés les agriculteurs pour la déstructuration des exploitations agricoles coupées en deux ou trois « couloirs » « semi- étanches ». Quel serait le coût du remembrement consécutif : coût financier et coût environnemental ?
    - Quel serait le coût environnemental du projet global de LGV ? Il serait considérable car mille hectares (selon RFF) à deux mille hectares (selon des estimations moins optimistes) seraient stérilisés, au préjudice de la faune et de la flore sauvage qui vivent là aujourd’hui. Pour réaliser le bilan coût-avantage du projet, je demande à ce que soit chiffré financièrement ce préjudice à la Nature Aujourd’hui, il est possible d’évaluer financièrement l’atteinte aux services rendus par la biodiversité. Cette étude chiffrée ne semble pas avoir été faite.
    - Quels seraient les passages entre les communes séparées par la LGV ? Y a-t-il eu une étude de coordination de ces passages avec ceux qui franchiraient la future 2×2 voies routières : celle-ci est-elle réellement abandonnée alors qu’il sera probablement impossible de supprimer la circulation des camions sur la RN 147, faute d’investissements ferroviaires en faveur du fret sur le tronçon Limoges-Poitiers 4?
    Autant de questions et remarques qui rejoignent celles formulées par diverses associations. Il faut, à tout le moins, que RFF revoie sa copie et ses procédures de concertation. J’appuie la demande d’expertise indépendante faite par le collectif citoyen anti-LGV et pro-POLT, qui réunit de nombreuses organisations opposées au projet de Ligne à grande Vitesse entre Limoges et Poitiers5. Je soutiens la demande des élus qui, favorables à la mise en LGV du trajet historique Limoges-Paris par Châteauroux et Orléans, sont de plus en plus nombreux*. »

    Marcel Bayle
    Professeur de droit privé à la Faculté de Droit et Sciences Economiques de Limoges
    Conseiller municipal de Peyrilhac

    1 – LOI no 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement
    2 – Ce texte indique certes que le programme français de LGV pourra porter notamment sur le tronçon Poitiers-Limoges et sur d’autres « dans la mesure de leur état d’avancement », mais le même texte ajoute dans le programme dit « supplémentaire » le tronçon Paris-Orléans (notamment et pour ce qui intéresse le Limousin).
    3 – Mais la normalisation des courbes est différente…
    4 – Il y a incompatibilité du transport du fret et du transport à grande vitesse de voyageurs pour des raisons techniques.
    5 – Voir notamment le site : http://limogespoitiers.com/

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